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Cultures

22 SEPTEMBRE 2018

ALEXANDER KLUGE : PORTRAIT D’UN « ALLESKÖNNER »

Isabella ZimmerPar Isabella Zimmer

Alexander Kluge : portrait d’un « Alleskönner »

Alexander Kluge est un touche-à-tout. Cet Allemand, juriste de formation, est connu en France surtout pour ses films ; mais ses écrits aussi ont été couronnés de succès ; ils lui ont notamment valu le prestigieux prix littéraire Georg Büchner en 2003. Lui-même se considère au premier chef comme un écrivain. Il aurait même déclaré vivre encore le deuil de la bibliothèque d’Alexandrie, incendiée bien avant notre ère (entre 42 av. J.-C. et 642).

Cet artiste éclectique a donc toute sa place au sein de la Quinzaine franco-allemande en Occitanie : après la projection du film Abschied von gestern à la Cinémathèque de Toulouse, ainsi qu’une ciné-lecture au Goethe-Institut, l’œuvre d’Alexander Kluge est désormais disséminée dans toute la ville de Toulouse en partenariat avec le Printemps de septembre. Cinq de ses courts-métrages seront diffusés presque tous les jours au Goethe-Institut, du 21/09 au 21/10.

C’est avec une certaine curiosité que je me suis rendue à la Cinémathèque de Toulouse pour regarder le long-métrage d’Alexander Kluge Abschied von gestern et je ne suis pas restée sur ma faim ! Ce film, réalisé en 1966 et présenté pour la première fois au Festival international de Venise, y a reçu huit récompenses dont le Lion d’Argent.

Le destin de l’héroïne, Anita G., est fondé sur une histoire vraie : cette jeune fille de famille juive tente de se construire une vie en Allemagne de l’Ouest, après avoir fui la RDA. Condamnée pour avoir volé un manteau, elle fait de la prison. Une fois sa peine purgée, elle devient vendeuse de disques et vit une aventure avec son patron. Hélas , l’histoire tourne mal. Disgraciée, elle est à nouveau accusée de vol – cette fois-ci à tort. Pour couronner le tout, elle est enceinte…

On assiste, non sans une certaine compassion, aux conséquences tragiques de trop nombreuses années de division allemande. J’ai apprécié cette plongée dans un univers dont on entend beaucoup parler, mais que l’on imagine à grand peine lorsqu’on est, comme moi, né après la chute du mur de Berlin. Le film d’Alexander Kluge revêt en outre un mystère qui n’est pas sans rappeler le chef-d’œuvre de Wim Wenders, Les Ailes du désir.

    

Le programme complet de la Quinzaine : www.15francoallemandeoccitanie.fr

Twitter : @15aine_LeBlog

#QFAO2018

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