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Économie

25 SEPTEMBRE 2018

L’AUTISME, UNE CHANCE POUR L’ENTREPRISE ?

Isabella ZimmerPar Isabella Zimmer

 L’autisme, une chance pour l’entreprise ?

Le public était nombreux, lundi soir, à la table-ronde « l’autisme à l’université et dans l’emploi » organisée par Auticonsult et l’université Toulouse 3 – Paul Sabatier à l’Hôtel de Région Occitanie / Pyrénées- Méditerranée.

Les intervenants ont livré un aperçu passionnant des défis et du potentiel des personnes à profil autiste pour l’université, le monde du travail et l’ensemble de la société.

Certes, l’accueil des personnes autistes exige une attention spécifique dans les structures de formation ou en entreprise. « À l’université, par exemple, les enseignants doivent être particulièrement explicites dans la formulation des questions d’examen, car les profils autistes ne comprennent pas l’implicite », souligne Bertrand Monthubert, porteur du projet « construire une université aspie-friendly ». Cela profiterait d’ailleurs à l’ensemble des étudiants, ajoute-t-il.

Quand on travaille pour les personnes autistes, on travaille pour tous, pour une société inclusive. Bertrand Monthubert, porteur du projet « construire une université aspie-friendly »

De manière générale, l’ensemble des structures de formation doivent être sensibilisées à l’autisme. « Quand des personnes décrochent du lycée avec un QI de 150, c’est qu’il y a un problème », poursuit Bertrand Monthubert.

Il est essentiel de changer les mentalités, de sensibiliser aux facettes infinies de l’autisme, de faire preuve de bienveillance pour respecter les différences individuelles – Flora Thiébaut, co-fondatrice d’Auticonsult

En entreprise, en particulier, l’enjeu est de taille, et pour les autistes et pour les structures susceptibles de les employer. En effet, ces personnes sont trop nombreuses a être exclues du monde du travail, alors qu’elles ont des compétences à apporter aux entreprises. Cela constitue « un gâchis de compétences », estime Flora Thiébaut. Même les structures qui emploient des autistes ont tendance à les approcher d’une manière inadéquate, en les incitants à « valoriser leur handicap ».

Il existe pourtant des exemples encourageants : Sébastien Maîtrehenry, consultant chez Auticonsult, autiste, travaille chez Airbus où il donne satisfaction. « Nous n’avons pas besoin d’être derrière lui, car il finit de toute facon le travail avant les autres », raconte son manager, Pierre Kerbiriou.

L’entreprise Andros embauche également des personnes autistes. Cela peut permettre de réaliser d’importantes économies de matière première, fait remarquer non sans humour Josef Schovanec, philosophe, chroniqueur et écrivain, lui-même autiste. « Quand il faut verser 4,6 kilos de fruits dans un bac, on peut être sûr qu’un autiste y versera toujours le volume exact ; l’autisme, c’est économique et écologogique ! » En outre, les autistes ne sont sujet ni à l’absantéisme, ni aux grèves.

Les personnes autistes s’intéressent à toutes sortes de domaines créatifs – Josef Schovanec, philosophe, chroniqueur et écrivain

Filiale d’Auticon Allemagne, Auticonsult est la première entreprise en France à employer essentiellement des personnes à profil autiste en tant que consultants en informatique. Cependant, il ne faut pas tomber dans le cliché : « seuls 15% des autistes s’intéressent à l’informatique », signale Josef Schovanec. En réalité, « les personnes autistes se passionnent pour toutes sortes de domaines créatifs ».

Le programme complet de la Quinzaine : www.15francoallemandeoccitanie.fr

Twitter : @15aine_LeBlog

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